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Lorsque l’on devient maman, on nous parle de tout les bons moments que l’on va passer mais on occulte les moments difficiles…
Parfois, alors que nous nous réjouissons de rencontrer ce petit être tout neuf, un sentiment bizarre nous envahie… souvent, il ne s’agit là que d’un petit baby blues dût à la chute d’hormones.Heureusement, cet état est transitoire et dure rarement plus d’une semaine.

Mais parfois, notre fragilité ressort et une déprime post partum s’immisce dans notre vie que l’on imaginait si belle avec l’arrivé de notre enfant…
Petit à petit, on se coupe du monde… Qui pourrait comprendre notre mal être ? Cet enfant était désiré, il est en bonne santé alors il n’y a aucune raison de se plaindre…

Quand j’ai accouché de mon premier enfant, nous n’avons pas eu une rencontre facile… Lui était en souffrance et son petit coeur si fragile est descendu à 70pulsations, si bien que le personnel autour de moi à changé et s’est agrandi sans que je comprenne vraiment comment, sans que je ne prenne conscience qu’ils étaient passé de 2 sages femmes à une vingtaine dans la chambre.
Quand on m’a dit « il faut le sortir, il ne va pas bien, le liquide est teinté » et que j’ai vu la mine déconfite de la gynéco, j’ai compris que quelque chose n’allait pas mais je gardais confiance… Confiance en mon enfant, confiance en ma possibilité d’accoucher et confiance en ce personnel qui encadrait la naissance de mon bébé.
Mon fils a été extrait aux forceps, il est sorti tout violet. Une vague d’amour m’envahie Je le trouve si beau mais on me laisse pas le temps de le toucher, de le serrer contre moi et de lui dire bienvenue.
J’attend d’entendre ses premiers pleures mais rien.
Je suis dans une bulle, je n’entend plus que ce silence, pourquoi ne pleure t’il pas ? Pourquoi l’ont – ils amené dans cette salle attenante à celle où je viens de donner la vie ? Pourquoi n’a t’on pas laissé mon ami couper le cordon, pourquoi tout s’est passé si vite ? Et ce silence qui me semble durer une éternité !
Enfin, il pleure! Je l’entend et mes larmes coulent le long de mes joues.
Mon ami est invité à rejoindre notre bébé, à découvrir sa petite frimousse pendant que l’on s’occupe de moi.
Quelques instant après, on le ramène dans la pièce dans une couveuse… Il est près de moi et si loin pourtant, les perfusions ne me permettent pas de toucher la boite dans laquelle il semble si fatigué.
Après la délivrance, vient le moment de la couture, moment où je commence a perdre patience, j’ai mal et je veux serrer mon bébé contre moi.
Je pleure, je m’énerve, je veux que l’on me débranche et là un anesthésiste dit qu’il va m’endormir, je refuse et m’énerve de plus belle ! Je viens de passer 12h a accoucher sans péridural, je n’ai pas vu mon enfant alors c’est hors de question !
1h30… 1h30 avant d’avoir l’occasion de découvrir mon enfant, 1h30 avant de le serrer contre moi et de le mettre au sein.

Nous nous sommes remis rapidement de cet accouchement, du moins, physiquement… mais le mental lui à eu du mal.
La plupart de nos ami(e)s attendaient un enfant alors comment leur raconter cette rencontre si difficile, cette peur de le perdre… Je me suis tût et j’ai feint que tout allait bien, mon sourire cachant des douleurs encrées en moi.

Le temps est passé, le mal être à perduré, des jours, des semaines puis des mois… Mon bébé que j’avais tant espéré et moi ne nous comprenions pas.
Il pleurait, dans mes bras, dans le lit, partout… Lorsque je lui donnais le sein, il le prenait et me repoussait d’un coup en hurlant. Je ne comprenais pas.
Il ne manquait de rien, je mettais tout en oeuvre pour lui donner autant d’amour qu’il m’était possible d’offrir, mais je ne le comprenais pas.
Je mettais ça sur le compte de son arrivée dans le monde qui fût si difficile mais ça continuais, les journées se ressemblaient. Des pleures du matin au soir, des siestes de 20min avec des hurlements au réveil si bien que j’en venais à ne plus vouloir dormir par peur de ses hurlements.

Trop fière, trop perturbée ou que sais je encore, je n’en parlais pas.
Et puis, pourquoi en parler ? Quand j’évoquais le fait qu’il pleure, j’avais le droit aux sempiternelles « tu n’étais pas prête à être maman » , « tu es trop stressée », « avec moi il ne pleure pas »… des paroles culpabilisante, des paroles qui ne m’aidaient pas et qui m’enfonçaient plus qu’autre chose…
Des idées noirs m’ont traversé l’esprit, mon fils pleurait avec moi alors il ne voulait peut être tout simplement pas de moi comme maman. Je pourrais disparaître, il est si simple de perdre la vie et je partirais le laissant pour qu’il trouve une meilleure maman que moi qui n’arrivait pas à soulager ses peines. Mais dès que je voyais son petit visage si parfait, si beau et sa peau si douce, je ne pouvait pas me résigner à partir et ne plus avoir l’opportunité de le sentir contre moi, de lui dire que moi je l’aime, que je l’ai désiré très fort et qu’il fait battre mon coeur.
Et comment serait il apte à comprendre plus tard que je sois partie avec aucune chance de le revoir un jour? Lui faire du mal était inconcevable alors je le regardais et il me raccrochait à la vie qui me semblait alors si difficile…
Puis, un dimanche, il a refusé de manger… j’ai tout tenté, tirer mon lait, lui donner le sein, lui donner un biberon… il n’a rien voulu, toute la journée il a hurlé… désemparée, dès les premières lueurs du jour, j’ai pris RDV chez le pédiatre.
Il m’a dit que ce n’était que des coliques, mon fils ayant 2 mois, ça lui semblait logique…

J’ai insisté, il m’a accordé un médicament pour un potentiel RGO (vive le net qui m’a permis de lui en parler et de bien dire qu’il en avait beaucoup de symptômes!) , dès que nous sommes rentrés nous avons donné ce médicament à notre loupiot… 48h après, j’avais un autre enfant, un bébé qui dormait et faisait des siestes, un bébé qui a commençait à faire ses premiers sourire et qui gazouillait pour notre plus grand bonheur.
Il avait donc bien un RGO interne, couplée d’une oesophagite d’où le fait qu’il ai refusé de s’alimenter…

Une entrée dans le monde fracassante, de durs mois de souffrance durant lesquels je me suis senti impuissante devant ses pleures. J’avais beau faire mon possible, rien ne le calmait, satanée douleur !
De durs et long mois pendant lesquels je me suis plongé dans une dépression… personne ne le remarquait, sauf mon homme qui m’avait constamment en pleure au téléphone lors de ses absences pour son travail. Le reste du monde me voyait comme d’habitude, souriante.

Il a fallut de long mois pour que je prenne plaisir et retrouve le gout à la vie… j’ai vraiment profité lorsque mon fils à eu 6mois. Là, nous avons appris a communiquer ensemble, j’ai appris à le comprendre et je me suis réjouit de ne jamais l’avoir laissé pleurer seul malgré les « conseils » de proches…C’est aussi la période où les amies ont accouchées, j’ai donc pu me livrer plus en détails sur notre histoire une fois qu’elles aient eu le bonheur d’avoir de belles rencontres.

Lorsque nous avons décidé d’avoir un deuxième enfant, j’ai eu peur… peur que ça recommence mais rien ne fût pareil. L’accouchement fût douloureux mais merveilleux, j’ai pu l’attraper dès sa sortie, la prendre contre moi et faire du peau à peau de longues heures durant lesquelles elle a tétée.
Elle a beaucoup pleuré, elle aussi, alors nous avons eu encore une fois une suspicion de RGO mais comme le traitement n’a eu aucun effet, on l’a écarté… Ma fille avait juste un besoin intense de me sentir contre elle, je l’ai comprise et écoutée . Ce ne fût pas facile tout les jours mais je suis restée optimiste, me disant qu’ensuite, elle serait assez rassurée pour être seule parfois. Elle venait de passer 9 mois dans mon ventre, comment ne pas comprendre qu’elle veuille prolonger un peu le contact ? Et c’est passé, comme j’en parle ici.
Ce coup ci, je n’ai pas eu de dépression, juste une vision d’un jour plus facile, je savais qu’elle se sentirais prête un jour et je voulais la rassurer au maximum et être présente pour elle.
Et j’ai appris que « Une personne qui pleure n’est pas faible, c’est juste qu’elle a été forte trop longtemps ».

Surtout, si des idées noir vous envahissent, n’hésitez pas à en parler. Je sais que l’on a toujours peur de demander à quelqu’un de nous tendre la main mais finalement ça peut aider !
Que ça soit via le net ou via une sage femme, un docteur où autre… parlez !
C’est lorsque j’ai commencé a me livrer sur l’accouchement que les zones d’ombre se sont dissipées, lentement, un sourire franc est revenu sur mon visage…

 

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