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Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours était attiré par l’anatomie humaine. Savoir ce qui nous compose, la forme des organes, leurs dispositions dans notre corps et ce qui se passe lors de la grossesse.
Lors de mes grossesses, j’ai souvent consulté Materneo. Ce site permet de voir des échographies et d avoir quelques explications sur le déroulement de la grossesse et la croissance de l’enfant à naître selon la semaine à laquelle nous nous trouvons.
J’ai aussi beaucoup apprécié lire « Naître  » de Lennard Nilson qui est une vrai prouesse niveaux explications et imagerie. Je vous le conseil donc fortement!

Du coup, il m’est souvent arrivé de me demander comment ils faisaient AVANT!
Evidement, il y’a eu des dissection de cadavres, des césariennes et quelques palpations qui ont permis de faire avancer les connaissances.
S’en est suivit la création de schémas avec des détails très précis qui ont permis là encore de garder et partager les connaissances entre médecins.
Puis,la création de mini sculptures et c est surtout sur ce domaine là que je vais m’étendre un peu.

15ème – 17ème siècle:
Ces petits mannequins anatomiques faisaient entre 15 et 18 cm de hauteur, ils étaient fait d’ivoire ou de bois. Les bras, taillées séparément, sont mobiles tout comme les cages thoraciques et abdominales.
Selon le type de figurine, on peut enlever ou non certaine petite partie. Cela permet une observation plus grande des détails.

17ème siècle / 18ème siècle :

Ces mannequins au services des sages femme et obstétriciens étaient aussi exposé dans des foires pour permettre aux « curieux » de s’instruire sur les particularité du corps humain.

Mannequin d’exercice pour obstétriciens & sage-femmes, 19ème siècle – Musée Wada.

Femme avec abdomen amovible et placenta

Concernant l’image suivante, pour certain, outre le but premier d’informer les gens sur le miracle de la vie, ce mannequin comportant des vergetures marqués et une ligne brune était aussi là pour amuser.

Femme avec nouveau né

Bien que la photo mette surtout en valeur l’aspect articulé de l’enfant, on peut aussi constater que le mannequin comporte les fontanelles spécifiques aux bébés.

http://pinktentacle.com/2009/05/pregnant-dolls-from-edo-period-japan/

Nouveau né

Les archives de la première exposition industrielle du Japon en 1877 indiquent qu’un docteur de l’hôpital de la préfecture de Yamagata, Motoyoshi Hasegawa, exposa un ensemble complexe, de foetus humains, montrant 7 étapes différentes de la croissance intra-utérine.
Les détails de ces « maquettes » sont particulièrement réalistes et surprenante ! On peut observer comment se place les organes selon le stade de la grossesse (notamment les trompes et les ovaires qui finissent par être presque camouflés par l utérus !)

Au 18ème siècle, on revient sur des figurines en ivoire. On peut apercevoir un modèle masculin et un modèle féminin.

Les organes internes comme le cœur, le foie, l’estomac et les intestins sont amovibles.

La femme est enceinte . Le niveau de détail n’est pas énorme mais il donne un aperçu sommaire de l’anatomie et compte tenu de la matière dans laquelle les « sculptures » sont faite, je trouve cela particulièrement bien fait.

On pense que ces mannequins ont permis au personnel médical d’expliquer aux jeunes couples le mécanisme de la grossesse.

Figurine en ivoire

A la fin du 18ème siècle, la cire a permis de modeler des mannequins plus réaliste.
A l’époque, l’accent était surtout mis sur les organes reproducteurs pour bien comprendre la différence homme/femme.

La plupart de ces mannequins féminins étaient d’ailleurs souvent représentés enceinte, avec le fœtus amovible.

Ces « figurines » souvent appelées « Vénus » étaient inspirée d’oeuvre d’art (sculpture, peinture, etc..) C’est cela qui explique la pose légèrement lascive ainsi que l’exposition de ces mannequins sur des lit ou coussin de velours ou de soie.

En un seul modèle, les idées sur l’art, l’anatomie, le sexe, la chair et la connaissance ont tous été utilisés. Il n’est donc pas surprenant d’avoir des réactions mitigées en voyant cette photo, ce mannequin fût créé dans le but d’être le plus réaliste possible.

Mannequin de cire

Pour finir, les oeuvres de Angélique de Courdray ont permis une véritable avancé dans le domaine des connaissances. Effectivement, on pense qu’elle a enseigné les gestes pour un accouchement plus sûr a environ 5 000 sages femmes en 25 ans. (en France)

C’est en 1759 que « la machine » voit le jour. Constituée de peau et de toile,  rembourrée de coton, celle ci est empreinte de réalisme.
Une radio a d’ailleurs permis de mettre en évidence le fait qu’elle comportait un bassin d’une jeune femme.

Elle comprend un mannequin représentant, en grandeur réelle, la partie inférieure du corps d’une femme, une poupée de la taille d’un nouveau-né et différentes pièces annexes montrant l’anatomie féminine et les phases de la grossesse.

Ce mannequin permettait aux élèves sage femmes d’avoir une formation moins théorique et donc de mieux appréhender le passage à la pratique réel sur des femmes enceinte.
(Pour en savoir plus, c est ici)

Enfin, une citation de son livre se révèle terriblement intéressante :

On ne doit pas mettre la femme à découvert, comme plusieurs le font, […] d’ailleurs la vue en ces cas-là nous est inutile, puisque ce sont nos mains qui doivent sentir, et nous faire distinguer ce qui se passe.
On devrait dès le commencement que l’on pratique l’art des accouchements se faire un exercice d’apprendre, les yeux fermés, et de reconnaître tout par le tact.»

Mme Du Coudray – Abrégé de l’art des accouchements, 1773

Mannequin d’un foetus de sept mois, 1759, réalisé par Angélique-Marguerite du Coudray, sage-femme, pour accompagner son « abrégé de l’art des accouchements », Musée Flaubert et d’Histoire de la médecine, Rouen

Personnellement, je trouve toute ces figurines surprenante. Etant enfant, je me souviens avoir eu un petit mannequin de plastique qui reprenais les principaux organes que l’on devait replacé correctement. Je me souviens avoir beaucoup apprécié avoir ceci entre les mains et je pense que j’en offrirais un à mes enfants quand ils seront en âge de s’y intéresser.

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